Accueil > INFOS POLLUANTS > Polluants biologiques > Petites bêtes > Lutter contre les poux !

Lutter contre les poux !



Ma petite fille a régulièrement des poux. Que puis-je faire pour régler le problème sans avoir recours à la panoplie des insecticides chimiques ?

Notre réponse : Pour rappel, les poux ne sautent pas comme les puces. Il est conseillé, en plus des conseils ci-après, de laver la literie et les vêtements en contact avec le cuir chevelu en même temps que le traitement afin d’empêcher le retour des petites bêtes qui s’y baladeraient. En cas de tissus fragiles, un petit tour au congélateur pendant 24 à 48 heures résoudra le problème avant un lavage à l’eau froide.

Un pou vit entre 30 et 40 jours. Les poux se reproduisent très vite [1]. Le pou sans nourriture [2] ne survit pas au-delà de 48 heures.

Surtout dédramatiser le problème car avoir des poux n’est pas synonyme d’une mauvaise hygiène, l’animal n’a pas de préférence pour les "sales" têtes. Cependant, afin de limiter la prolifération des bestioles à l’entourage, il est évidemment indispensable de résoudre le problème rapidement.

Pour aller plus loin dans la lutte non polluantes, voici une copie d’un article paru dans la revue : Les 4 saisons, n°179 de novembre-décembre 2009.

Constat : On traite la pédiculose (infestation par les poux) à l’aide d’insecticides, naturels ou non. Mais les insecticides chimiques et les extraits naturels isolés (pyrethrines) employés depuis des décennies ont engendrés l’émergence de résistances : certaines souches de poux sont devenues insensibles à leur action. De plus, leur caractère toxique a renforcé la méfiance à leur égard. Aussi, on se tourne de plus en plus vers d’autres solutions, moins toxiques et n’engendrant pas de résistance.

Les huiles essentielles : De nombreuses plantes synthétisent, pour leur défense, des substances insecticides et/ou répulsives. Leurs propriétés ont été largement confirmées par des études scientifiques récentes. En ce qui concerne les poux, on a montré ainsi que les huiles essentielles de cannelle, girofle, lavande fine, marjolaine, tea tree (arbre à thé) ainsi que plusieurs espèces de menthe et d’eucalyptus se révélaient très efficaces. Une étude comparative a montré que l’huile essentielle de tea tree était plus efficace que la lavande fine, elle-même supérieure au citron.

Les principes actifs insecticides des huiles essentielles sont les phénols et leurs esters, les cétones et les oxydes. En raison de cette composition complexe, elles sont très peu susceptibles d’induire une résistance – et c’est encore plus vrai des mélanges. Néanmoins, l’efficacité est une chose, la tolérance en est une autre : on évitera donc les huiles essentielles irritantes (cannelle, girofle, marjolaine et, dans une moindre mesure, citron).

Insuffisant le peigne ? Le peigne sert au diagnostic car il permet de visualiser les poux. Il en élimine mécaniquement un certain nombre, ainsi que les lentes - mais il ne faut pas oublier de les détruire ensuite en les écrasant, sinon, ils survivraient dans l’environnement. En cela, le peigne ne reste qu’un outil complémentaire aux traitements.

Les huiles végétales : Dans les formules anti-poux, les huiles végétales jouent leur propre rôle d’insecticide. Des études ont en effet montré que lors d’un contact assez long (deux heures) avec une huile, les poux meurent asphyxiés. Les huiles les plus réputées pour cet usage sont coco et karité (également réputées pour la beauté des cheveux), mais l’huile d’olive fonctionne aussi. L’huile de neem, trésor de la médecine indienne, contient des actifs insecticides qui la rendent encore plus efficace. On peut donc l’ajouter aux formules, son seul défaut étant son odeur assez désagréable.

Le vinaigre : Le vinaigre déstabilise la coque des œufs et les détruit. Son action est modérée, mais peut contribuer à un traitement anti-poux global, d’autant plus que les cheveux l’apprécient bien

Programme de soins anti-poux au naturel

En spray : Vaporisez le matin sur la nuque et sur les vêtements (cols, écharpes, bonnets), le mélange suivant conditionné dans un flacon. Formule adultes : 30 ml d’alcool à 90°, 9 gouttes d’huile essentielle (HE) de tea tree, 6 gouttes de lavande fine, 3 gouttes de menthe poivrée ; Formule enfants : 20ml d’alcool à 90°, 10 ml d’eau de source ou d’eau florale de lavande ou de menthe, 3 gouttes d’HE de tea tree, 2 gouttes d’HE de lavande fine, 1 goutte de géranium rosat.

En shampooing : En préventif ou en cas d’infestation très modérée, ajoutez 2 gouttes d’HE de tea tree et 1 goutte d’HE de lavande à votre shampooing habituel. Lavez-vous les cheveux et laissez reposer 15 minutes avant de rincer les cheveux.

En masque : En cas d’infestation avérée, faites fondre au bain-marie une cuillère à soupe d’huile de coco ou de beurre de karité, ajoutez 1 cuillère à café d’huile de neem (odeur désagréable). Ajoutez 3 goutttes d’HE de tea tree et 2 gouttes d’HE de lavande fine. Répartissez bien sur la chevelure si possible en passant un peigne fin. Couvrez d’une serviette et laissez reposer au moins deux heures. Rincez soigneusement à l’eau tiède, puis procédez au lavage (deux shampoing sont souvent nécessaires). Finissez par un malaxage au vinaigre (alcool, de cidre ou mieux de lavande). Laissez reposer cinq minutes puis rincez à nouveau légèrement. Renouveler l’opération une semaine plus tard.

De Sylvie Hampikian Expert en pharmaco toxicologie Les 4 saisons, n°179, nov-déc 2009.

En savoir plus sur les poux ? Film documentaire Planète poux de Thierry Berrod téléchargeable sur Internet.




[1]Il faut dire que le mâle est sexuellement très actif, surtout le jeune. Doté de 2 paires de testicules, c’est un amant infatigable, qui peut féconder 18 femelles à la suite sans repos. L’acte lui-même peut durer jusqu’à 4 heures !

Les femelles s’accouplent plusieurs fois au cours de leur vie d’adulte qui peut varier d’une dizaine à une quarantaine de jours. Elles pondent 4 à 10 œufs ou lentes par jour pendant 3 à 5 semaines, soit un total de 100 à 300 œufs ou lentes.

L’éclosion des lentes survient au bout de 7 jours, donnant naissance à une larve. Cette dernière ressemble à l’adulte en plus petit, elle mesure environ 1 mm. Dès sa naissance, le pou pique son hôte pour se nourrir. Le stade adulte est atteint au bout de 10 jours environ après 3 mues successives. Il se passe ainsi 17 jours depuis la ponte de l’œuf jusqu’à l’apparition de l’adulte qui lui même vivra 30 à 40 jours. Le premier accouplement de la femelle se produit environ 10 heures après la dernière mue. Pendant le stade nymphal, le pou ne peut se reproduire.

[2] Hématophage, le pou, comme le moustique, se nourrit de sang, ce qui explique les démangeaisons provoquée par les déplacements des insectes et leurs piqûres (la salive contient un agent anti-coagulant qui irrite la peau).

rue de Montigny 29 - B 6000 CHARLEROI (Belgium) - + 32 (0)71 300 300 - sante@espace-environnement.be

logo Espace Environnement et Wallonie